EXTASY.....
UN TI TEXTE POUR QUELQUES PERSONNES QUE J'ADOREEEEE ET QUI PARFOIS DECONNE AVEC SA!!!
[...]
Une demi-heure s'écoule. Toujours rien. Soudain une vague de chaleur me monte au cerveau. On dirait une décharge électrique, mais toute de douceur et de tendresse. Je ne peux plus m'arrêter de sourire. Toutes mes extrémités accueillent cette onde de chaleur avec bonheur. Mes pieds et mes mains sont plus légers que l'air. Je suis parfaitement conscient de ce qui m'arrive, et contrôle entièrement cette nouvelle énergie interne. Je trouve ça plutôt amusant. Je me lève.. La montée continue : j'entends dans mes oreilles un bourdonnement de bien-être. La vie me paraît tout d'un coup extrêmement simple : on naît, on rencontre des gens passionnants, on les aime, on discute avec eux, parfois on couche ensemble. La mort n'existe pas ; c'est une chouette nouvelle. J'ai terriblement envie de parler. Je vais voir tous les gens pour leur dire à quel point je les trouve sympas. Même mes ennemis, c'est bien simple : je n'en ai pas. Je complimente tout le monde. C'est un peu embêtant : si Adolf Hitler était dans cette boîte de nuit ce soir, j'irais l'embrasser en lui disant qu'il a du beaucoup souffrir pour faire tout ce qu'il a fait. Il est temps que je sorte prendre l'air.
Dehors il pleut et chaque goutte caresse mon visage avec bienveillance. Je ne me suis jamais senti aussi à l'aise. Je n'ai plus de problèmes dans l'existence. Le monde est plein d'amis intéressants et d'aventures folles qu'il me reste à découvrir dans les heures qui viennent. Je fais corps avec la musique. J'ai très chaud, des bouffées de transpiration me submergent et me donnent une envie irrépressible de danser.
[...] Lorsque je regarde ma montre, il s'est écoulé deux heures et demie en cinq minutes. C'est alors que les ennuis commencent. Je m'aperçois que j'ai horriblement soif. Ma gorge est desséchée. Un copain me sert quatre grands verres d'eau que je bois cul sec. J'ai les dents serrées, les mains très moites, les oreilles qui sifflent. Une des filles à qui j'ai déclaré ma flamme il y a trente minutes vient se coller à moi. Je me sens oppressé : il faut absolument que je sorte de cet endroit étouffant. Comment ai-je fait pour tenir aussi longtemps sans respirer ? Je m'enfuis. L'oxygène de la rue me calme mais très vite je commence à penser. C'est à partir de là que les choses se gâtent vraiment. Tous mes problèmes disparus depuis trois heures me reviennent en tête. Ma vie n'est qu'une merde et j'ai un n½ud atroce à l'estomac...
L'ecstasy fait payer très cher ses quelques minutes de joie chimique. Il donne accès à un monde meilleur, une société où tout le monde se tiendrait par la main, où l'on ne serait plus seul. Il vous laisse entrevoir tout ça, et puis, tout d'un coup, sans prévenir, vous claque la porte au nez.
"la première gorgée d'ecstasy", Frédéric Beigbeder.